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Décembre 199.. La municipalité
condamne l'ancienne maternité de la ville.
Depuis des semaines, l'austère bâtiment, inoccupé depuis des années,
est squatté par toute une population de femmes et d'hommes, sans
abris et sans domiciles fixes.
Ils sont maintenant des dizaines à occuper les lieux désertés.
Un château. Des salles gigantesques, des couloirs sans cesse, des
cuisines faïencées, des sous-sols obscurs, des caves et des béances
insondables, ouvertes sur nulle part.
Ce qui n'était, au départ, qu'une occupation comme une autre, de
par le nombre de personnes concernées, par leurs désirs d'organisation
et par leurs capacités à poser des revendications vitales, devint
rapidement l'Occupation de la Maternité.
La ville fut stupéfaite. Elle découvrait
ses pauvres. Dans un long frisson. L'affaire fit grand bruit, d'autant
que l'on venait de découvrir le corps d'un jeune homme, Hanafi Douar,
un des premiers occupants, pendu dans une des caves.
Les médias locaux et la presse nationale s'emparèrent de l'affaire.
Le brouhaha se fint intense.
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Ce lieu, hors de l'ordre, devait être fermé. Ce fut fait, illico.
Dans la nuit, les ouvriers muraient portes et fenêtres. Hanafi Douar
a été porté en terre, l'après-midi. Maintenant la nuit tombe. Trois
personnages se tiennent devant la Maternité. C'est l'heure du théâtre.
Depuis longtemps Claude Brousse, comédien de théâtre et de cinéma,
un des lecteurs de la pièce au Théâtre Saragosse, souhaitait une adaptation
de cette écriture en monologue, telle qu'elle permette le dire d'un
homme seul.
La pièce s'y prêta fort bien. Hanafi Douar est mort et fraîchement
enterré. Son ombre ou sa présence vole au-dessus des spectateurs.
L'acteur dit des voix. Des voies de vies volées. Qui parle? Le théâtre.
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